En organisant des ateliers d'écriture dans différentes médiathèques, j'ai développé au fil du temps une méthode dite "progressive" qui permet aux participants d'apprendre facilement de nouveaux outils, de s'améliorer, tout en se divertissant. Chaque session dure 1h30, à raison d'une fois par semaine. Bien qu'il soit tout à fait possible de suivre un atelier pendant seulement un mois, un participant ne peut progresser de manière significative que s'il s'investit dans la durée, sur six mois ou un an. Pour toutes ces raisons, mon atelier d'écriture est composé de trois types de séances.

La méthode

Les participants s'amusent à bâtir ensemble un univers, réel ou imaginaire, un environnement dans lequel ils vont écrire des nouvelles afin que leurs personnages puissent éventuellement se croiser au fil des récits : on appelle ce cadre une saison. Le groupe peut décider d'inventer une cité dystopique dans un futur post-apocalyptique, un monde médiéval fantastique ou simplement retracer la saga d'une famille française des années 50 à nos jours... Durant ce processus, chaque auteur conserve son style d'écriture et une grande liberté en créant son propre protagoniste, avec son point de vue, son passé et son intrigue. À partir de cette base commune, les participants écrivent des nouvelles, qui sont à la fois indépendantes et complémentaires, à l'image des épisodes d’une série télévisée... la fameuse saison.

C'est un travail collaboratif riche en créativité puisque les participants ne sont pas seulement auteurs, mais aussi scénaristes d'un véritable recueil de nouvelles. Concrètement, les échanges ont lieu au début de la séance puis, une fois que le cahier des charges de l'univers est rempli, les participants se mettent à écrire. Vers la fin de la session, chacun dresse un bilan de ses avancées respectives. Si tout le monde est d'accord, à l'issue de l'année les textes écrits sont rassemblés dans un recueil de nouvelles numériques qui permet de garder une trace de cette belle aventure collective. 

une à deux fois par mois

La séance "chantier d"écriture"

Lorsqu'un participant se sent prêt, il propose au groupe sa nouvelle à la "bêta-lecture". Les autres membres se livrent alors à des commentaires constructifs tant sur la forme que sur le fond, mais toujours avec bienveillance, dans une ambiance conviviale. Il est même possible de soumettre plus tard une seconde version d'un texte déjà bêta-lu. L'auteur constate ainsi les progrès effectués et continue à améliorer sa nouvelle.

Recevoir une bêta-lecture sert aussi à "croiser" les remarques : si plusieurs personnes qui ne se connaissent pas relèvent en même temps un problème de rythme dans votre texte, c'est qu'il n'y a pas de fumée sans feu !

Donner une bêta-lecture sur le récit d'un inconnu est une autre manière de progresser car nous avons tous tendance à voir la paille dans l'œil du voisin... et non la poutre dans le nôtre. À force de bêta-lire des nouvelles perfectibles, nous finissons par acquérir inconsciemment une démarche plus critique sur nos propres récits, c'est un cercle vertueux.

Donner et recevoir des bêta-lectures régulièrement dans un atelier permet de progresser plus rapidement qu'en écrivant seul dans son coin pendant des années. Il y a trois types de bêta-lecture :

Bêta-lecture de chantier

Vous proposez un texte en rapport avec le chantier d’écriture.

Exemple :
une nouvelle se déroulant dans une ville fictive créée par les participants.

Bêta-lecture classique

Vous proposez une nouvelle en rapport avec un thème voté au préalable par les participants durant l’atelier, ou une nouvelle de votre création.

Bêta-lecture de roman 

Vous avez le droit de proposer un extrait de quelques pages de votre roman en cours d’écriture. La séance de bêta-lecture se déroule exactement comme pour une session « classique », à ceci près que l’auteur peut, au tout début de la séance, donner quelques informations sur le contexte de l’extrait, facilitant ainsi la bêta-lecture des participants.

Exemple : 
« l'extrait de mon roman se déroule après un homicide non élucidé qui obsède un inspecteur de police. La séquence débute au moment où le personnage rentre chez lui ».

La séance "bêta-lecture"

fréquence variable, généralement une fois par mois

La séance "technique narrative"

une fois par mois

Lors de cette session plutôt théorique, je reviens en détail sur un sujet important (l'immersion, la caractérisation des personnages, l’émotion…), puis nous nous livrons à un exercice ludique en rapport avec cette thématique. Ces techniques ne sont pas des principes gravés dans le marbre, je ne vous propose que des outils, libre à vous de les utiliser ou pas.

Ces trois méthodes ne sont pas nouvelles, mais c'est leur association qui permet à chaque participant de s'épanouir dans l'écriture. De plus, le fait que les séances soient variées empêche qu'une routine vienne s'installer.

Un atelier d'écriture en ligne présente de nombreux autres avantages.

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